La Seconde Guerre Mondiale rattrape les CFV…

Si le réseau du Vivarais n’offre pas un point stratégique aux yeux de l’Allemagne, les cheminots de la ligne du chemin de fer du Vivarais ont contribué à leur hauteur en ravitaillant les maquisards en vivres, en armement et en munitions. Certains en profitent même pour cacher des enfants juifs envoyés en sécurité au Collège cévenol au Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire.

Toutefois, dans le monde ferroviaire, Seconde Guerre Mondiale rime malheureusement avec destruction totale. Nombreux ont été les convois et ouvrages d’art ferroviaires intégralement détruits par les résistants français dans l’unique but de combattre l’Occupation allemande.

Le 26 juin 1944, les Chemins de Fer Départementaux en ont payé le prix…

Ce jour-là, des maquisards ont fait sauter le viaduc de la Semène situé sur la ligne SNCF entre Firminy et Dunières, capitale ferroviaire reliant le grand réseau national au réseau secondaire métrique s’étendant en Ardèche du Rhône à la Loire. Les voyageurs se sont alors vus contraints d’emprunter le petit chemin de fer pour rejoindre Saint Etienne en passant par Yssingeaux et Lavoûte-sur-Loire. De ce fait, la rame des CFD a dû être renforcée à huit voitures.

En effet, durant la guerre, les autorails Billard fraichement arrivés sur le réseau ne pouvaient circuler à cause de la pénurie de gazole, aussi les rames classiques tractées par les locomotives à vapeur devaient assurer la totalité des trajets durant la guerre, engendrant ainsi des manœuvres de raccordement des nombreuses voitures nécessaires pour assurer les convois.

De ce fait, dans la précipitation des manœuvres pour accommoder l’affluence soudaine de voyageurs, la ligne continue de freinage de la rame n’a pas été assurée. La rame n’était donc pas en mesure de freiner après la troisième voiture, agent de manœuvres et mécanicien ayant oublié d’effectuer les contrôles réglementaires.

La rame a emprunté une rampe presque vertigineuse de 30‰. La voie s’élevait donc de 30 mètres d’altitude en 1 kilomètre. Cinq des voitures n’étant pas raccordées au freinage de la locomotive, le convoi s’est emballé et quatre de ces voitures ont déraillé, causant ainsi 12 morts 59 blessés dont deux décédèrent à peine quelques jours plus tard. La circulation n’a, quant à elle, pu reprendre qu’au bout de cinq jours.

La guerre n’offrit pas aucun répit au chemin de fer vivarois puisque les 5 et 6 juillet, puis le 17, Le Cheylard se voit bombardé par les Allemands. Il s’agissait à l’époque du siège du réseau mais aussi de l’emplacement des ateliers principaux. Ainsi, 12 locomotives furent touchées et rendues inaptes à rouler, et pas moins de 7 autorails et 19 wagons de marchandises et voitures de voyageurs se virent endommagés. Les cheminots enfuis dans le maquis ne purent participer à la remise en état de ces divers matériels et les CFD enregistrèrent des pertes aussi bien de fréquentation de voyageurs que de transports de marchandises.

Article rédigé par Charlotte Grinnaert

Bibliographie : 

  • Bejui Pascal, Etiévant Christophe et Piotti Vincent. Le Réseau du Vivarais au temps des CFD. Editions La Régordane, 2011.
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